Une voix très française chantait, furieuse, tremblante, douloureuse, voluptueuse, moqueuse, triomphante et triste à la fois. Une voix étrangère à cette ville. Une voix féminine répétant la chanson :
Mon légionnaire
Il avait de grands yeux très clairs
Où parfois passaient des éclairs
Comme au ciel passent les orages
Il était plein de tatouages
Que je n'ai jamais très bien compris
Son cou portait « pas vu pas pris »
Sur son c?ur on lisait « personne »
Sur son bras droit un mot « raisonne » ...
Le premier couplet s'est terminé, et la chanteuse française Édith Piaf, « la môme », entama un nouveau couplet de sa chanson qui injecte un effet magique dans les c?urs et les esprits des soldats ivres et enragés :
J'sais pas son nom je n'sais rien d'lui Il m'a aimé toute la nuit Mon légionnaire Et me laissant à mon destin Il est parti dans le matin...